Il y a ce que l’on vit.
Il y a ce que les autres en voient.
Et puis il y a ce qui reste, des années après.

Lorsqu’un enfant est placé, beaucoup de choses s’écrivent autour de lui.
Des rapports, des observations, des décisions, des comptes rendus.
Des mots choisis par des adultes qui tentent de comprendre une situation,
de la décrire, et de décider de la suite.

Alors, heureux ? est né de cette rencontre entre des souvenirs d’enfance (3 à 18 ans) et des documents retrouvés des années plus tard. 

L’histoire commence au début des années 70. Époque où l’on ne parlait pas des enfants placés comme aujourd'hui, où les pratiques, les institutions et les mots étaient différents. Mais derrière les dates et les dossiers, certaines choses n’ont pas vraiment d’époque : les séparations, les liens que l’on crée, ceux que l’on perd, la place que l’on cherche et les traces que tout cela laisse.

Les personnes qui ont connu les foyers, les familles d’accueil ou les services sociaux y reconnaîtront peut-être des situations, des mots, des silences.

Les professionnels qui y ont travaillé ou qui y travaillent pourront, eux aussi, découvrir ce que leur regard peut parfois laisser de côté.

Et puis il y a tous les autres.

Celles et ceux pour qui les placements, les foyers ou les dossiers d’assistante sociale appartiennent à une réalité lointaine. Ils n’ont aucune raison particulière de connaître cette histoire. Peut-être simplement une raison de la découvrir.

Parce qu’au delà de l’ASE (ex-DDASS), d’une époque et d’une histoire personnelle, Alors, heureux ? parle aussi de quelque chose de plus universel : ce que les adultes font, pensent et décident autour d’un enfant, et ce que celui-ci peut en garder longtemps après.